Quand j’ai vu le titre Y a-t-il une vie après le périph ?, j’ai immédiatement su que j’allais adorer ce livre. Car comme toute bonne Parisienne qui se respecte (je serai toujours Parisienne, où que j’habite dans le monde), j’avais la certitude qu’il n’existait pas de vie une fois cette frontière passée. Je n’osais d’ailleurs pas m’aventurer “de l’autre côté”, préférant délaisser la capitale pour de lointaines contrées, plutôt que de passer quelques heures en banlieue. Aussi, même si le country guide de Laetitia Rigaud est destiné à celles et ceux qui s’installent “hors de la jungle parisienne et de sa proche banlieue”, j’ai beaucoup ri en retrouvant des propos que j’ai pu tenir avant d’aller m’installer en banlieue… à cinq minutes d’une station de métro.

L’ambition de ce country guide résolument décalé, contre-pied de nombreux city guides ? Devenir le livre de chevet des Parisiens en manque de vert et bientôt dans le rouge, prêts à franchir le périph’ pour une vie meilleure, mais aussi des néo-rurbains fraîchement débarqués de la capitale. Il raconte la vie dans les zones rurbaines tout en démontant, ou en assumant pleinement, les clichés qu’ont les parisiens de la « campagne », ou plus généralement de la « province », c’est-à-dire toute ville/village au-delà du périph’ !
Au programme : comment s’expatrier avec panache ? Quel programme de désintox pour les city addicts ? Quel kit d’installation adopter d’urgence ? Comment parler néo-rural couramment ? Comment sauver son couple ou survivre à l’ennui ? Autant d’épineuses questions auxquelles cet ouvrage répond avec le sérieux qui s’impose… !

Deux jours ont suffit pour me régaler avec cet ouvrage terriblement drôle. Le vécu de l’auteur m’a semblé d’autant plus indéniable, que je suis passée par des étapes similaires… L’ensemble déborde de fraîcheur, et toute personne dotée d’un peu d’autodérision partagera un bon moment en le parcourant. Voici mes morceaux choisis (que j’aurais pu écrire) :
“Ça y est, vous avez franchi le cap de la Porte d’Orléans, tiré le rideau sur votre vie d’avant, fait vos adieux à vos potes « aprèslepériphophobes »… Bref, vous avez mis les voiles : vous voilà hors des frontières, en territoire inconnu et sans passeport qui plus est. Autant dire que vous n’en menez pas large “.
“En bonne Parisienne qui se respectait , je m’adresse ici aux femmes car elles sont les premières concernées : vous n’avez jamais compris l’utilité de perdre votre temps, vos nerfs et votre argent, à conduire dans la capitale”
“Chacun sais qu’après la Porte d’Orléans, un iphone ne capte plus”.
“Un jardin, ça s’arrose : troquez votre mini-arrosoir de chez Merci, pour un tuyau d’arrosage 30m Gamm Vert, n’oubliez pas l’enrouleur”.

