Je suis allée découvrir Leur mémoire a des rumeurs, l’exposition imaginée par Yoan Sorin et Flora Moscovici à la Villa D., à Saint-Denis. Dès l’entrée, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce projet qui investit entièrement les trois salles du rez-de-chaussée. Ici, les œuvres ne se contentent pas d’occuper l’espace : elles dialoguent avec lui, s’en nourrissent et lui donnent une nouvelle présence.
Une création née dans les murs de la Villa D.
L’originalité de cette exposition tient d’abord à sa méthode de création. Yoan Sorin, sculpteur, peintre, dessinateur et performeur, et Flora Moscovici, peintre, n’ont pas apporté d’œuvres réalisées ailleurs. Ils ont choisi de créer ensemble sur place, directement dans le bâtiment. Cette approche transforme la Villa D. en véritable atelier salle d’exposition ! Les peintures et les sculptures ont été conçues en réponse immédiate au lieu, à son histoire et à ses traces visibles.
Quand les murs deviennent une source d’inspiration
Les artistes expliquent s’être fortement inspirés du passé de la Villa D., ancien orphelinat pour jeunes filles au XIXe siècle puis foyer de protection de l’enfance plus récemment.
Les étages non rénovés les ont particulièrement marqués. Les couches de peinture successives, les marques laissées par le temps et les traces de vies passées ont nourri leur réflexion. Le bâtiment leur a fourni à la fois des matériaux et une matière sensible pour construire l’exposition de manière intuitive.
En parcourant les salles, j’ai eu l’impression que les œuvres révélaient des éléments déjà présents dans les murs.


Une “archéologie intime” entre mémoire collective et histoire familiale
La démarche des deux artistes s’apparente à une forme d’« archéologie intime ». Ils explorent différentes strates de mémoire, comme on fouillerait un terrain pour en faire émerger des traces enfouies. Ils établissent ainsi un parallèle entre l’histoire du bâtiment et leurs propres histoires familiales. Dans l’une des salles (ma préférée), ils ont intégré des images issues de leurs familles respectives. Ces fragments personnels viennent dialoguer avec la mémoire du lieu et questionner les notions de souvenir, d’identité et de transmission.
Une exposition immersive et sensible
Au fil de ma visite, je me suis laissée porter d’une salle à l’autre. Les formes, les couleurs et les matières créent un ensemble cohérent qui habille entièrement l’espace.
Les œuvres semblent prolonger l’histoire du bâtiment plutôt que l’effacer. Elles lui redonnent une présence nouvelle. J’ai trouvé ce travail à la fois poétique et vivant, comme si les différentes mémoires du lieu continuaient à circuler à travers les installations.
Regarder l’histoire pour créer du nouveau
Pour Yoan Sorin et Flora Moscovici, cette exposition constitue une manière d’affronter l’histoire dans toute sa complexité. Leur démarche consiste à observer les traces du passé, à les accepter et à les transformer pour produire quelque chose de nouveau aujourd’hui.
Cette réflexion traverse l’ensemble du parcours et donne une profondeur particulière à la visite.
En Bref
- Exposition gratuite de Yoan Sorin et Flora Moscovici à la Villa D. de Saint-Denis
- Créations réalisées directement sur place
- Inspiration tirée de l’histoire du bâtiment
- Dialogue entre mémoire collective et souvenirs familiaux
- Installation immersive occupant les trois salles du rez-de-chaussée
- Du 30 mai au 25 juillet 2026
Informations pratiques
Leur mémoire a des rumeurs
Yoan Sorin et Flora Moscovici
Exposition gratuite du 30 mai au 25 juillet 2026
Villa D.
59 rue de la République
93200 Saint-Denis
FAQ
Qui sont les artistes de l’exposition Leur mémoire a des rumeurs ?
L’exposition réunit Yoan Sorin, sculpteur, peintre, dessinateur et performeur, et Flora Moscovici, peintre.
Où se déroule l’exposition ?
Elle est présentée à la Villa D., au 59 rue de la République à Saint-Denis.
Pourquoi cette exposition est-elle particulière ?
Les artistes ont créé leurs œuvres directement sur place, en s’inspirant de l’histoire et des traces visibles du bâtiment.
Quelle est l’histoire de la Villa D. ?
Le bâtiment a notamment accueilli un orphelinat de jeunes filles au XIXe siècle puis un foyer de protection de l’enfance plus récemment.
Jusqu’à quand peut-on visiter l’exposition ?
L’exposition est visible du 30 mai au 25 juillet 2026.
Quel est le prix du billet ?
L’exposition est gratuite.





