C’est au détour d’une rue audonienne que j’ai eu l’agréable surprise de découvrir le Pavillon de Liège, un bâtiment atypique dont l’histoire remonte à l’Exposition universelle de Paris de 1900. Intriguée par cette architecture singulière, je me suis plongée dans les archives municipales pour comprendre son parcours. Plus discret que le Grand Palais ou le Petit Palais, il a pourtant lui aussi survécu à la grande manifestation parisienne, connaissant plusieurs vies successives avant de devenir l’un des témoignages patrimoniaux les plus étonnants de Saint-Ouen-sur-Seine.
Un pavillon construit pour l’Exposition universelle de 1900
Le Pavillon de Liège est l’œuvre de l’architecte belge Paul Jaspar. Il conçoit alors un bâtiment qui dépasse la simple fonction d’exposition. Chaque détail fait l’objet d’une réflexion esthétique : éléments métalliques, vitrines, châssis et portes participent à une composition inspirée des courants architecturaux les plus modernes de l’époque.
À l’origine, le pavillon représente la « Collectivité belge des fabricants d’armes » lors de l’Exposition universelle de Paris. Installé sur le quai d’Orsay, il met en valeur le savoir-faire de l’industrie armurière liégeoise. Son architecture associe métal, verre et références à l’Art nouveau, une approche particulièrement innovante en 1900. Les fabricants d’armes présents dans le bâtiment obtiennent plusieurs distinctions durant l’événement.



Son arrivée à Saint-Ouen
À la fermeture de l’Exposition universelle, la ville de Saint-Ouen connaît une forte croissance démographique liée à l’industrialisation. Les nouveaux habitants, majoritairement ouvriers, disposent de peu d’équipements religieux. L’abbé Macchiavelli acquiert alors la structure afin de la transformer en église provisoire. Le bâtiment est démonté puis transporté à Saint-Ouen, où il est remonté en 1901 dans le quartier de Cayenne.
Le bâtiment peut accueillir environ 800 personnes et est consacré le 20 octobre 1901. Une simple croix ajoutée en façade suffit à signaler sa nouvelle fonction.
Des transformations qui modifient profondément son apparence
Lors de son installation à Saint-Ouen, le pavillon subit d’importantes modifications. Les décors d’origine disparaissent progressivement. Les grandes ouvertures inspirées de l’Art nouveau sont remplacées. La toiture industrielle laisse place à un toit à deux versants plus classique. Seule la structure métallique d’origine est largement préservée. Ces transformations expliquent pourquoi le bâtiment visible aujourd’hui diffère fortement du pavillon admiré par les visiteurs de l’Exposition universelle de 1900.
D’une église à des ateliers d’artistes
Après la construction de l’église du Sacré-Cœur en 1933, le Pavillon de Liège perd sa fonction religieuse. Il devient une salle paroissiale avant d’être progressivement abandonné. La Ville de Saint-Ouen finit par acquérir le bâtiment. Dans les années 1990, une importante opération de réhabilitation est confiée à l’architecte Jacques Starkier. Son projet consiste à préserver la structure historique tout en lui offrant un nouvel usage. Le pavillon est alors transformé en ateliers d’artistes et en sept logements en duplex. Les grandes baies vitrées sont agrandies afin d’apporter davantage de lumière aux espaces de création.
Peu de pavillons construits pour les Expositions universelles ont traversé le temps. Celui de Liège constitue un exemple particulièrement rare. Aujourd’hui encore, sa charpente métallique intrigue les promeneurs comme moi, et rappelle l’histoire industrielle de Saint-Ouen-sur-Seine.
En Bref
- Construit pour l’Exposition universelle de Paris de 1900
- Œuvre de l’architecte belge Paul Jaspar
- Initialement dédié aux fabricants d’armes de Liège
- Démonté puis remonté à Saint-Ouen en 1901
- Transformé en église provisoire pouvant accueillir 800 personnes
- Réhabilité dans les années 1990
- Converti en ateliers d’artistes et logements
- Rare pavillon de l’Exposition universelle encore visible aujourd’hui
FAQ
Où se trouve le Pavillon de Liège à Saint-Ouen ?
Le bâtiment se situe dans le quartier de Cayenne à Saint-Ouen-sur-Seine, où il a été remonté après l’Exposition universelle de 1900.
Qui a conçu le Pavillon de Liège ?
Il a été dessiné par l’architecte belge Paul Jaspar pour représenter la collectivité des fabricants d’armes de Liège lors de l’Exposition universelle.
Pourquoi le bâtiment a-t-il été déplacé à Saint-Ouen ?
Après la fermeture de l’Exposition universelle, l’abbé Macchiavelli l’achète afin de répondre aux besoins religieux d’une population ouvrière en forte croissance.
Le Pavillon de Liège est-il encore utilisé aujourd’hui ?
Oui. Après sa réhabilitation dans les années 1990, il accueille des ateliers d’artistes ainsi que plusieurs logements.
Pourquoi ce bâtiment est-il remarquable ?
Il fait partie des très rares pavillons de l’Exposition universelle de 1900 à avoir survécu jusqu’à aujourd’hui.





