En passant en bus devant le groupe scolaire Casarès-Doisneau, à La Plaine Saint-Denis, j’ai aperçu une immense cheminée industrielle en briques rouges. J’avais enfin retrouvé la seconde des deux dernières cheminées d’usines encore visibles à Saint-Denis !
Autrefois, la Plaine Saint-Denis était couverte de centaines de cheminées industrielles. Symboles du passé ouvrier et manufacturier du territoire, il n’en reste plus que deux, toutes deux désaffectées : la cheminée de l’ancienne usine Menier, et celle-ci. Elle se trouvait dans l’ancienne Société des caoutchoucs de Saint-Denis.
Une cheminée cachée dans une école
La cheminée se trouve aujourd’hui au cœur d’un équipement contemporain, qui comprend un groupe scolaire, une salle de sport et un centre de loisirs. C’est d’ailleurs le seul vestige conservé de l’ancienne Société des caoutchoucs de Saint-Denis, dont les bâtiments ont été détruits lors de l’aménagement du site.
Le contraste est saisissant. D’un côté, une architecture récente. De l’autre, cette haute structure industrielle qui rappelle le passé manufacturier de la Plaine Saint-Denis.
Des origines industrielles à la transformation du caoutchouc
L’histoire du site remonte à 1898, avec l’installation de la teinturerie sur soie de l’établissement Chanut & Compagnie. L’activité évolue ensuite vers le traitement de vieux caoutchouc, avant de se spécialiser dans la fabrication d’objets en caoutchouc. La Société des caoutchoucs de Saint-Denis, reprend l’établissement en 1904, puis devient la Société chimique de caoutchouc vers 1922. La cheminée en briques rouges, haute de 33 mètres à l’origine, daterait dès les débuts des activités liées au caoutchouc de l’établissement Chanut.
Une restauration contemporaine remarquée
En 2011, lors de la construction du groupe scolaire Casarès-Doisneau, l’architecte décide de restaurer la cheminée plutôt que la détruire. Il la recouvre alors d’un liseré doré entrelacé, afin de mieux dialoguer avec le projet architectural contemporain. Cette réhabilitation a d’ailleurs reçu une mention au prix d’architecture de l’Équerre d’argent 2011.
Aujourd’hui, cette cheminée fait partie du paysage quotidien des élèves et habitants du quartier. Elle reste aussi l’un des derniers témoins visibles du passé industriel de la Plaine Saint-Denis.
En Bref
- La Plaine Saint-Denis comptait autrefois des centaines de cheminées industrielles
- Il n’en reste aujourd’hui que deux à Saint-Denis
- La seconde appartient à l’ancienne Société des caoutchoucs de Saint-Denis
- Le site industriel trouve son origine en 1898
- La cheminée mesurait initialement 33 mètres
- Elle est en briques rouges
- Restaurée en 2011 lors du chantier Casarès-Doisneau, le projet a reçu une mention à l’Équerre d’argent 2011
FAQ
Où se trouve la cheminée de l’ancienne Société des caoutchoucs de Saint-Denis ?
Elle se situe dans la cour du groupe scolaire Casarès-Doisneau, à La Plaine Saint-Denis.
Combien reste-t-il de cheminées industrielles à Saint-Denis ?
Il n’en subsiste plus que deux visibles aujourd’hui : celle de l’ancienne usine Menier et celle de l’ancienne Société des caoutchoucs de Saint-Denis.
Quelle était l’activité de la Société des caoutchoucs de Saint-Denis ?
L’entreprise travaillait le vieux caoutchouc puis fabriquait différents objets en caoutchouc au début du XXe siècle.
Pourquoi la cheminée a-t-elle été conservée ?
Elle a été intégrée au projet architectural du groupe scolaire Casarès-Doisneau comme témoin du patrimoine industriel de la Plaine Saint-Denis.
Quand la cheminée a-t-elle été restaurée ?
La restauration a eu lieu en 2011 pendant la construction du nouvel équipement scolaire.



